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Tuesday, February 3, 2009

Militantisme de brailleux!

Comme tout le monde la semaine passée, j'ai pas pu trouver grand chose à la téloche à part l'investiture d'Obama. Ben oui, ben oui, c'est historique pis on est enfin débarrassés de W. mais même moi, j'ai mes limites sur combien de fois je peut entendre la même histoire dans une seule journée.

La seule autre histoire qui a pu se faire un toute petite place, c'était une pension alimentaire format géant. Une belle histoire croustillante de linge sale de gens riches mais sans noms, avouez que c'est comme un fricot sans poulet.

Une pension alimentaire de cinquante millions...

Cours, ti-bonhomme, sauves-toi. Je vois d'ici les magazines de gars et les magazines de filles se répondre sur le ton de les « les gars sont niaiseux » pis les « les filles sont épaisses » qu'on entendait avant dans les cours d'école primaire. Ils me font penser aux parents de mon ex. Ils se sont séparés quand il avait deux ans et quand j'ai sorti avec (il avait presque la vingtaine), ils refusaient toujours (littéralement) de s'adresser la parole.

Les gens ont tout le temps eu des peines d'amour. Elles ont toujours fait mal tant au cœur qu'a l'orgueil. Ce qui est nouveau et qui ouvre la porte à une stupidité sans bornes, c'est qu'on donne aux ex-amants la chance de se venger, tout en prêtant une attention disproportionnée à une des pires conneries de notre époque; La guerre des sexes. Comme si les hommes et les femmes étaient deux espèces différentes s'envahissant l'une l'autre tout en oubliant qu'ils font partie de la même espèce et que leurs intérêts dépendent les uns des autres.

Je trouve franchement imbécile et voyeur qu'on mettre sur le même pied d'égalité un procès pour meurtre et un crêpage de chignon où un enfant est balloté pendant toute son enfance entre deux parents trop occupés à défendre leur orgueil et à se faire mutuellement chier pour se rendre compte que la vie continue et qu'il existe, qu'il est humain, ce pion qu'ils s'arrachent sans savoir quoi faire avec. Vous savez, l'être humain miniature qui figure sur le contrat entre la maison et l'auto.

Certains de ceux-là essaient de nous attendrir en disant qu'ils veulent voir leur pauvre petite progéniture plus souvent. Je ne serait pas surprise d'entendre parler qu'après qu'ils en aient eu la garde, ils n'en voudraient plus parce que l'enfant en question, c'est le dernier de leur soucis. Tout ce qu'ils veulent, c'est que l'autre ne l'ait pas.

La loi comme telle est moins à blâmer que la cupidité et l'immaturité de ceux qui y recourent. Les plus censés dans l'affaire, ce sont les enfants ( on peut pas faire autrement que de devenir vite adulte, quand ceux qui devraient être les plus matures deviennent, du jour au lendemain, le temps d'apprendre que l'autre a eu une aventure d'un soir, les plus cons.). On s'insurge contre l'enfant roi qui accepte tous les cadeaux que les parents divorcés lui donnent pour acheter leur amour. Pourquoi est ce qu'ils ne les accepteraient pas? Ce sont les grands qui sont trop cons pour être un peu matures, qu'ils paient! Pourquoi les enfants devraient ils se sentir coupables? ! La plupart du temps, ils ne demandent même pas ces pot-de-vins affectifs.

Le changement que le cas apporterait à la loi semble pourtant être logique. Les couples mariés et non-mariés sont à peu près pareils dans la vie. Pourquoi ne devraient-ils pas l'être devant la loi? Parce que c'est une faille du système dans laquelle plusieurs personnes se réfugient.

Quelques prophètes de malheur nous prédisent « un coup de hache dans la famille ». On croirait peut-être encore à l'apocalypse si on ne nous le prédisait pas depuis qu'Henri Bourassa gueulait contre le droit de vote des femmes.


J'embarque pas dans la guerre des sexes, vraiment pas. Je me considère féministe, mais j'ai mes réticenses sur le féminisme de première génération. On a tout fait pour les mères, pour les guerrières, pour les victimes mais qu'a-t on fait pour les femmes? On divise encore entre pauvres petites chouettes qui ont été violées ou qui sont sagement frigide ( Pas physiologiquement vierges mais qui en ont toujours la pureté (eeeugh! Ça doit bien être le mot le plus détestable du dictionnaire!) puisqu'elles n'ont pas été perverties par le plaisir.) et de l'autre côté, les traîtresses qui s'habillent pour plaire aux méchants hommes ou qui écoutent de la porno. Elles ont certainement du se faire laver le cerveau! Supottes du patriarcat! Trouvez-moi un exorciste!

Subtil descendant du complexe de la madonne et de la putain.

J'ai jamais demandé à être une Sainte Vierge en plâtre, juste une femme, un être humain femelle et les être humains, d'habitude, aiment fourrer. Pardonnez-moi de ne pas me forcer pour faire exception à la règle.

Tout ce braillage, cette célébration de la souffrance, ce culte de la victime, n'a rien de féministe. Il ne fait que récupérer l'idée que les femmes sont naturellement plus faibles que les hommes et vouées à une vie de misère et que le plaisir n'est surtout pas pour les femmes. J'ai commencé (mais jamais fini) un cours sur la philosophie de féminisme. Premier cours; une looongue litanie de statistiques sur la violence conjugale, les viols, les suicides...bon Dieu, que ça peut être encourageant! On fait aussi des programmes pour envoyer les filles à l'université. Est ce que ça n'envoie pas le message qu'elles sont trop faibles pour y aller toutes seules parce qu'elles sont des filles? Est ce que ça ne renforce pas ce que les américains appellent la « learned helplessness » ( impuissance acquise)?

En parlant de learned helplessness, j'ai lu une théorie assez intéressante dans un livre sur les troubles alimentaire (Psodynamic Treatment of Anorexia Nervosa and Bulimia, sous la direction de Craig Johnson. Publié chez Guilford press en 1991. Trouvé au YWCA de Moncton);

N'importe quel psychanalyste (ou tout bon jos connaissant bien informé) vous dira que n'importe quel bébé n'a qu'un seul dieu; sa mère. Les hommes en tirent une idée générale de ce qu'est une femme et recherchent cette perle rare (pas ce qu'était vraiment sa mère mais l'image idéalisée qu'il en a gardée) chez les autres femmes. Les filles en tirent aussi une idée de ce que doit être une femme sauf qu'au fur et à mesure qu'elles deviennent elles-mêmes femmes, elles ont le fardeau d'y ressembler. Je le répète, ce n'est pas à ce que leur mère était vraiment qu'elles veulent ressembler mais à l'image idéalisée qu'elles en ont gardée. Je me rends compte que ce n'est pas loin de la vérité à chaque fois que j'entends ma mère dire « Je sait pas quoisse que j'fait de mal, mais mame faisait ces biscuits là ben mieux que moi » ou « mame était capable de rendre ce plancher la ben plus beau que moi ». Sa mère faisait toujours mieux, même quand elle envoyait sa fille chercher elle même une hart dans champ pour la battre avec (un framboisier sauvage, ça a des épines, ouch!). Pourtant, elle continue de l'idéaliser.

Les livres imaginaires qu'on s'ordonne de perdre, les six cent soixante-six coussins blancs qui doivent toujours être immaculés peu importe qui s'assoit dessus ( comme si on avait pas mieux à faire), toutes les épreuves de féminité que l'on cherche dans les magazines de femmes (écrits par d'autres femmes), c'est pour ressembler à cette déesse de la santé du sexe, de l'amour, de la propreté, de la vertu, du confort que l'on croit naïvement que notre mère était.

Ainsi donc, les sacro-saintes mères peuvent aussi être destructrices. D'habitude, on pense que ce sont les pères qui sont coupables de tous les mots, tous violeurs en puissance, tous incestueux si on leur en donnerait la chance. On les oblige donc à materner.

Or, trop de maternage n'est pas destructeur. Il ne détruit pas ce qui a été construit. Il empêche que quelque chose soit construit. Il traite le moindre petit inconfort comme un cancer en phase terminale. L'enfant ne connait pas la douleur donc n'arrivera jamais à s'endurcir et tombera en morceaux à la première occasion. Il n'aura jamais à prendre conscience que la mort existe, n'aura jamais à savoir quoi faire de son temps parce qu'une armada d'éducateurs travaillent jour et nuit pour lui éviter la peine d'apprendre par lui-même.

J'ai vu un reportage à la télé américaine (ben oui, j'écoute pas juste la télé francophone, câllez la SNA!) intitulé Extreme Motherhood. Ça parlait, entre autres, d'une femme qui a servi de mère porteuse neuf fois (enceinte sans sexe d'un enfant qui n'est pas le sien. On ne trouve rien de plus près de l'Immaculée Conception!) et d'une femme qui allaite ses enfants de huit ans, à un âge où ils auraient dû depuis longtemps trouver des sources de réconfort à l'extérieur. Ce sont des cas extrèmes de certaines mères qui n'ont aucun intérêt à ce que leur enfant grandisse et s'émancipe. Elles ont besoin d'un petit être sans défense, d'un périphérique externe pour sentir qu'elles sont indispensables à quelqu'un pour légitimer leur existence et leur féminité. Ce n'est jamais assez pour elles d'être femmes, il leur faut même être plus qu'une mère. Il leur faut être une déesse. Leurs filles apprennent ce que c'est d'être une femme en observant leur mère qui, en fait, refuse d'en être une.

Si pour certaines ce n'est jamais assez d'être une femme, c'est peut-être parce qu'on a jamais célébré la féminité autrement que par la maternité. On porte aux nues les mères, les victimes et les guerrières mais jamais les femmes qui ne sont pas parfaites et n'essaient pas de l'être.


Eh non! Le féminisme n'est pas parfait, pas celui de première génération en tout cas mais n'allez pas vous imaginer que c'est meilleur de l'autre côté. À la démonisation des mâles, le masculinisme répond par leur victimisation à outrance, comme l'ont fait les premières féministes. Même les assassins deviennent de pauvres petites victimes qui n'ont pas su trouver de l'aide sous leur loupe. Ils semblent penser que toute la planète entière est devenu un énorme matriarcat sans visage qui conspire dans le but de leur enlever leur char. C'est la récupération d'un militantisme de brailleux dans lequel l'insulte suprême, mysogyne, est remplacé par misandre. Certains essaient même d'empêcher un avortement fait sans leur bénédiction parce que ça les prive d'une descendance (comme s'il n'y avait pas assez de femmes pour qu'ils la plantent ailleurs, leur descendance). On dirait que l'envie d'utérus (l'envie de s'approprier le processus de reproduction) a remplacé l'envie du pénis de Freud.

Certains chialent qu'on féminise les hommes mais en faire des victimes, n'est ce pas l'acte le moins viril qu'on puisse en faire?

Oui, c'est vrai que certains hommes passent des temps difficiles (les femmes aussi). Ça s'appelle la vie est c'est pas toujours facile. On est pas toujour responsable de ce que la vie nous garoche mais on est responsable de notre manière de réagir. S'il manque de services d'aide, pourquoi est ce qu'on enlève pas ces étiquettes « services d'aide pour les femmes » et « services d'aide pour les hommes » et qu'on ne donne pas de l'aide tout simplement aux gens, tous sexes confondus. Pas de jaloux!

Et encore, il ne faut jamais sous-estimer la stupidité de la guerre des sexes, ni à quel point certains frais divorcés peuvent aller pour ridiculiser l'autre bord.



By the way, merci beaucoup au prof. Denise Lamontagne pour m'avoir fait réaliser qu'on peut être féministe sans pour autant prendre Andrea Dworkin au mot et être lesbienne.

Tuesday, September 9, 2008

On est pas des brebis!

En juillet, j’ai écrit une lettre ouverte dans l’Acadie Nouvelle portant sur le droit à l’avortement. C’était pour défendre le Dr. Morgentaler et sa médaille de l’ordre du Canada. Mon papier a été publié dans l’édition du samedi comme lettre de la semaine et j’en étais pas peu fière!

 

Voilà que deux mois plus tard, le sujet redevient d’actualité mais cette fois, chez nos voisins du Sud, et pas parmi les plus neutres. Bristol Palin, la fille de la colistière républicaine Sarah Palin est enceinte et célibataire à 17 ans.

 

John McCain, qui dit avoir su le fond de l’histoire avant d’avoir choisi sa colistière, s’est pourtant ouvert toute une boite de pandore. Soit il voulait faire tout le mal possible à sa propre campagne, soit il est franchement stupide. En tout cas, les médias et les critiques s’en donnent à cœur joie. Les républicains crient aux médias subjectifs (et trainer Michelle Obama, Chelsea et Bill Clinton dans la boue, c’est ok? Associer Barak Obama aux Black Panthers et à des islamistes radicaux, c’était objectif?). Les médias ont toujours l’air plus objectif quand ils ont la même opinion que nous. Très franchement, j’aime pas jouer la même game de sale que les républicains ont joué avec Bill, surtout pas quand ça concerne une toute jeune fille.

 

Qu’est ce que la colistière du candidat républicain à la présidence américaine vient faire dans  le blog d’une acadienne ouvertement gauchiste?  C’est que cette belle canne de vers vient d’ouvrir une brèche grosse comme le détroit de Béring dans l’idéologie moralisatrice non seulement des républicains américains mais de toute la droite occidentale.

 

Palin, gouverneure de l’Alaska (pff, et y disent que le Canada, c’est le milieu de nulle part), est farouchement contre l’avortement et refuse toute éducation sexuelle dans les écoles à part l’abstinence (sans parler qu’elle tient à ses fusils d’assaut comme un macho minable qui a une faiblesse « on-sait-où » à compenser). Or, la grossesse de Bristol Palin prouve quelque chose que l’on dit depuis longtemps; l’abstinence marche, en théorie. C’est un très bel idéal qui tire de la sainteté mais c’est un idéal auquel les jeunes n’ont pas tous la force de se conformer (à moins de les marier à 14 ans, comme dans le temps de ma grand-mère).

 

Interdire l’éducation sexuelle et les condoms de peur d’inciter les adolescents à avoir des relations sexuelles, comme le prônent le pape et madame Palin, revient à interdire les ceintures de sécurité et les sacs gonflables dans les autos de peur d’inciter les gens à conduire dangereusement. Le Sida fait rage et il nous faut une solution pragmatique et non une utopie pour y faire face. Les adolescents, s’ils ne sont pas a la hauteur d’être de parfaits petits ascètes asexués, castrés et plates comme leurs parents leurs demandent, ont le droit de se protéger d’une maladie. Beaucoup se servent même du Sida comme un bonhomme-sept-heures qui viendra tuer les pauvres petits chérubins adolescents s’ils osent devenir de méchants démons sexués. Ben oui, la chasteté est une vertu mais la chasteté imposée par la peur, ce n’est pas du respect de soi mais tout simplement se faire mentir, être tenu en laisse dans l’ignorance par les plus grands. Ce n’est certainement pas grandir.

 

Pour ce qui est de l’avortement, je comprend mieux la position conservatrice. En cas de danger pour la vie de la mère lors d’une grossesse non désirée, mieux vaut un beau petit bébé rose que de garder en vie une traînée qu’a pas su se fermer les jambes ( j’ai jamais été aussi sarcastique de toute ma vie).

 

L’idée que McCain a peut-être eu de récupérer le vote féministe avec un colistier qui a beau avoir un vagin mais qui considère chaque femme (à part elle-même, bien-sûr) comme un simple utérus sur pattes est franchement une insulte à l’intelligence tant des féministes que des républicains.

 

Mais sérieusement, je comprends les objections pro-vie. Personne d’entre nous ne se souvient de la journée, de l’heure, de la minute où, dans le ventre de notre mère, nous sommes devenus des êtres pensants. C’est pour ça que je pense qu’il faudrait conscientiser les gens face à l’avortement, leur faire comprendre que ce n’est pas un caprice mais la dernière des dernières portes de sorties quand il ne reste plus d’autre solutions. Le droit à l’avortement est une bonne chose mais le fait qu’on ait à s’en servir si souvent n’en est pas une. Il n’y a pas une femme au monde qui sabre le champagne en se faisant avorter. Elle est bien consciente que c’est une vie en devenir qui est interrompue. La plupart pleurent même et en sont psychologiquement marquées à vie. L’image naïve et manichéenne de la femme sèche qui jette son fœtus à la poubelle est, à mes yeux, un cruel manque de compassion envers des jeunes filles qui elles, à défaut d’être de parfaites petites saintes Vierges, souffrent certainement. Elles choisissent de se faire avorter parce qu’elles ne voient pas d’autres portes de sortie. Si on leur ferme la dernière, elles vont l’emprunter quand-même, un fil de fer planté entre leurs jambes couvertes de sang. Si on veut vraiment que ces « irresponsables » gardent leur bébé, il faut les diriger vers d’autres portes de sortie plus éthiques dont plusieurs leurs sont bloquées par notamment par le « qu’en-dira-t-on » puritain mais aussi par des raisons psychologiques.

 

La contraception entraîne un taux de nativité bas, ok, parce que les gens choisissent de ne pas avoir d’enfants dès qu’on les met en charge de leur fertilité. Pourquoi? Parce qu’on panique devant la responsabilité de parent une figure d’autorité. On idéalise le jeune simili-marginal un peu baveux face à la figure d’autorité rabat-joie qu’est le parent, Devenir parent, c’est vieillir et c’est cette peur de vieillir, d’avoir un pied dans la tombe qui chasse certaines femmes de la maternité. Raison superficielle mais cette peur touche toute la société; le rôle de parent n’est plus mis en valeur chez une civilisation d’éternels ados.

 

L’autre problème qui pousse à l’interruption presque systématique de la plupart des grossesses non (consciemment) désirées, c’est cette vision selon laquelle tout ce qui n’est pas rigoureusement contrôlé au quart de tour ne peut pas être bon. Or, la fertilité n’est pas si facilement que ça. On a beau crier « un enfant si je veut », parlez-en à toutes les femmes dans la quarantaine qui essaient de concevoir et vous vous rendrez compte qu’on a beau faire ce qu’on veut, c’est la nature qui est la patronne.

 

Aussi, ce que l’on veut n’est pas toujours ce qu’on a besoin. On gaspille une énergie folle à entretenir des pelouses-tapis taillées comme le dessus de la tête d’un marine. On en vient à détester l’irrégularité poétique du trèfle, on veut éradiquer les pissenlits honteusement naturels dont la petite tête jaune casse ce vert morne et uniforme. On est tellement obsédés par la recherche de la beauté et du bonheur qu’on oublie de les apprécier quand ils passent. Ça me rappelle une sorte de rosier sauvage. La plus belle petite fleure rose au cœur jaune et qui pousse dans un dépotoir. C’est parfois la même chose pour un enfant.

 

Évidemment, un bébé n’est pas une panacée. Ce n’est pas à lui de veiller sur nous mais à nous de veiller sur lui. Cependant, pour certaines personnes, avoir un petit être à qui donner, sur qui veiller, peut donner un sens à la vie. Donner à quelqu’un d’autre, pour une fois. Sur ce point, fonder une famille peut constituer un antidote au matérialisme ambiant qui ne mène nulle part. Tout trésor matériel (lire; maison, auto, bébelle technologique) perd sa valeur dès qu’on l’a. On ne le veut plus! Un enfant, c’est autre chose. C’est quelque chose de transcendant, participer à quelque chose de plus grand que nous, qui sera là après notre mort et qui se souviendra de nous plus tard. C’est participer à la vie elle-même plutôt que de faire tout simplement des fioritures autour.

 

C’est beau avoir un enfant mais ce n’est pas non plus une tâche surhumaine qui doit se faire en milieu stérile sans aucun imprévu. Il ne faut pas avoir peur de tout gâcher. Vos parents n’étaient pas des dieux, quoi que vous en pensiez (Ô oedipe, quand tu nous tiends!),  pourtant ils vous  ont bien élevés.  Il y a certainement eu des épreuves mais les épreuves forment l’essence de la vie. Chacune d’elles est un coup de ciseau dans la pierre qui transforme un bloc de marbre primordial sans âme en une sculpture, œuvre d’art.

 

Justement parce que ce sont les épreuves qui forment le caractère et la personnalité, un fœtus n’est pas encore un humain, pas encore. C’est déjà une formidable petite machine, un cœur qui bat. C’est une vie, mais pas encore une vie humaine. Par contre, elle peut le devenir. Une vie, une âme, c’est bien plus qu’un corps.

 

Une âme est faite parce que la vie fait voir à une personne, ce que ses parents lui inculquent comme valeurs. Un vrai parent, ce n’est pas celui ou celle qui se contente de faire un corps mais qui transmet des valeurs à son enfant. Un être humain est constitué de trois dimensions; corps, âme et intellect.

 

Cependant, faire un corps, ce n’est déjà pas rien. Un fœtus n’est pas encore un humain mais il pourrait le devenir. C’est pour ça que l’avortement ne doit jamais être pris à la légère.

 

L’être humain est fort complexe mais le discours religieux de droite le voit d’une manière désespérément simpliste, voire avilissante; une machine à se reproduire. Ainsi, le Deutéronome et la plupart des télévangélistes dénoncent l’homosexualité comme contre-nature parce que ne pouvant pas mener à la reproduction. Il croient que tout sexe non-reproductif écarte l’être humain de sa raison d’être; se reproduire. Une telle vision écarte de l’équation le sacro-saint amour qui rend le sexe tolérable aux yeux de la plupart des bien-pensants. Faire l’amour, même avoir une aventure d’un soir, est bien plus qu’un simple échange d’ADN. Deux personnalités, des traits de caractères, des âmes entrent en ligne de compte. Et de même, pour trouver un conjoint ou un « partenaire de vie » il y’a des gouts,  des besoins émotifs, une histoire de vie, toute une psychologie qui sont impliqués. Les nier, c’est faire de l’être humain un « breeder », une simple machine, plus basse encore qu’un animal, auquel ils répugnent à admettre notre affiliation.

 

Ils supposent que tous sont faits pour se reproduire. C’est aussi tout un manque d’humilité de prétendre connaître la raison d’être de l’humanité et de réprimander quiconque ne s’y conforme pas ou n’en a pas la même idée. Qui peut prétendre le faire? Bien malin est celui qui sait ce que le bonhomme d’en haut avait en tête en créant Adam et Ève!

 

Peut-être que la nature (ou Dieu) a conçu l’homosexualité justement comme un moyen de soustraire quelques-uns d’entre nous au devoir d’élever une famille pour leur permettre de consacrer leur vie à autre chose. Par exemple, il y’a beaucoup d’homosexuels dans les milieux des arts et de la religion, on n’a qu’a penser à plusieurs prêtres catholiques (c’est justement pour qu’ils puissent consacrer plus de temps à leur sacerdoce que l’Église empêche les prêtres de se marier) et à de grands artistes comme Tchaikovsky, Léonard de Vinci, Michel Tremblay. Rien n’empêche un hétérosexuel d’exceller dans les mêmes domaines mais est ce que les grandes œuvres de ces artistes auraient été pareilles sans leur côté homo?

 

Quoi qu’il en soit, ce haut niveau de complexité est ce qui nous rend supérieurs aux animaux. C’est ce qui nous rend sacrés. La Bible elle-même n’aurait pas été écrite si quelqu’un un jour, non content d’une vie limitée a un rôle reproductif, ne s’était pas demandé s’il n’y avait pas autre chose, un Dieu. Versailles, la Tour Eifel, ont été fait pour impressionner. Newton, Galilée, Einstein, ont travaillé pour mieux comprendre le Monde. La citadelle de Québec, l’homme su la Lune, ont été mis là par le simple désir, assez stupide, de se montrer supérieurs aux autres. Même des passions condamnées par la religion, des passions à première vue nuisibles, contiennent pourtant les racines de ce qu’il y’a de mieux dans l’être humain. Toute forme de civilisation ne serait pas là si l’être humain s’était contenté d’être une simple bonne petite brebis qui ne fait que dormir, boire, manger et se reproduire tout en obéissant aveuglément certaines personnes qui prétendent parler au nom de Dieu.

 

On est pas des brebis, on est mieux que ça.

Saturday, July 12, 2008

Manifeste du féminisme non-manichéen

Oh, boy! Ça fait un bout de temps que j'ai posté rien de nouveau. Tout ce temps là, je lisait les textes d'université que j'ai pas eu le temps de lire, surtout de la philosophie. Ça m'a inspiré mes propres petites maximes sur le féminisme et ce que c'est d'être une femme.

1. Il est plus facile de rester enfant, esclave et pouvoir blâmer autrui pour son malheur que d’être adulte, libre et responsable de son bonheur.

2. Aucun homme ne saurait exister sans une femme. Aucune femme ne saurait exister sans un homme.

3. Le patriarcat n’est ni une personne ni une conspiration mais une manière de penser dont tant les hommes que les femmes sont responsables.

4. On est responsable de ce que l’on fait et que l’on dit, non de ce que les autres en pensent ou en disent donc mieux vaut ne pas y penser et faire ce que l’on trouve juste, manger ce que l’on trouve bon, coucher avec qui bon nous semble pour les raisons qui nous semblent bonnes comme on doit s’abstenir si on croit que c’est la meilleure chose à faire.

5. La vertu, quand elle a pour seul objet de plaire aux autres, est le plus flamboyant, le plus superflu des artifices et la plus rigide des paires de menottes.

6. Faire pitié ne rend pas féminine ni vertueuse, ça fait seulement pitié.

7. L’ignorance ne rend ni plus belle ni plus féminine, ça rend juste stupide.

8. Rien n’est plus féminin que de porter un enfant et d’accoucher. Rien nécessite plus de force non plus.

9. L’adversité et la souffrance forment l’essence de la vie tant des hommes que des femmes. Face à elles, on doit attaquer comme le taureau dans l’arène et non fuir comme le mouton face à l’abattoir.

10. Aucune princesse en détresse n’a besoin d’être secourue par qui que ce soit. Femmes battues et victimes de toutes sortes ont elles-mêmes les clés de leur geôle, il leur suffit de les trouver et notre rôle est de les y aider.

11. L’épreuve ou le danger qui ne tue pas rend plus forte.

12. Il est aussi avilissant d’être asexuée qu’esclave sexuelle.

13. Vouloir plaire et chercher le désir dans les yeux de quelqu’un est un aspect de la vie et un droit, non une capitulation ni un avilissement.

14. Mieux vaut être une démone bien vivante qu’une Sainte Vierge faite en plâtre.

15. Crier la faiblesse des femmes en incitant à la pitié et en s’apitoyant sur leur sort fait moins pour la cause des femmes que la plus plate des blagues sexistes.

16. On ne peut pas célébrer sa féminité et s’en plaindre en même temps.

17. Les pires fardeaux sont imposés par soi-même.

18. Quand quelque chose va pas, arrêtes de brailler et fais quelque chose pour l’arranger.

19. La peur toute seule n'a jamais sauvé personne. Ce sont la sagesse et l'action qui sauvent.

20. Le geste le plus féministe que l’on puisse poser, c’est de croire en sa propre force et d’y faire confiance.

Saturday, April 12, 2008